Impressions de Voyage en Suisse par Alexandre Dumas (Père)

Tome 1 – du Mont-Blanc à Berne (1833-1834) – 413 pages

e-book : Les Bourlapapey – www.ebooks-bnr.com

J’ai bien aimé ce livre qui  progresse au même rythme que les « Trois Mousquetaires », c’est à dire à un rythme endiablé.

Grimsel et Oberaar

Le glacier de l'Aar

Pas le temps de s’ennuyer une seconde. De Chamouny- la vallée des chamois -  à Martigny , de Morat à Fribourg, de Stans à Altdorf. Chaque fois, Dumas nous conte une légende ou une période historique.

Le texte fourmille d’anecdotes truculentes ou dramatiques. L’histoire du « 24 Février » à Loeche-les-bains, les tribulations de Gessler de Küssnacht durant la tempête qui s’abatit sur le lac d’Uri et celles du légendaire et émouvant Guillaume Tell, telles sont quelques unes des histoires de la Suisse.

Le souffle de l’écrivain est là, au détour de chaque paysage, au détour de chaque page. Néanmoins, Victor Hugo nous aurait peut-être enlevés plus haut encore sur les ailes de récits plus grandiloquents. Mais ne chipotons pas. C’est déjà assez passionnant ainsi.

Lys

Le lys martagon (fleur protégée)

Déjà critique du monde qui venait , Dumas écrit : « Une des choses qui m’avaient le plus désappointé, en Suisse, était l’envahissement de nos modes, non seulement dans les hautes classes de la société, les premières toujours à abandonner les moeurs de leurs ancêtres, mais encore parmi le peuple. »

Mais j’ai aussi trouvé dans ce livre la plus belle définition du voyageur : « voyager, c’est vivre dans toute la plénitude du mot ; c’est oublier le passé et l’avenir pour le présent ; c’est respirer à pleine poitrine, jouir de tout, s’emparer de la création comme d’une chose qui est sienne, c’est chercher dans la terre des mines d’or que nul n’a fouillées, dans l’air des merveilles que personne n’a vues. »

Rosenlaui

Le Rosenlaui, en descendant de Grosse Scheidegg

Cette réflexion est valable pour n’importe quel type de voyage. En l’espèce, l’auteur chemine par monts et par vaux. Et quel marcheur !! J’ignorais que cette force de la nature soit un aussi bon randonneur.

Certes, il abuse un petit peu lorsqu’il prétend aller du Faulhorn à la Grosse Scheidegg et puis à Meiringen dans la même journée ; il exagère également de prétendre aller en 10 minutes des chutes de Rychenbach (celles dans lesquelles tomberont Sherlock Holmes et Moriarty) à Meiringen ou encore de monter de Lauterbrunen à Kleine Scheidegg en seulement 2 heures. Mais malgré tout, c’est un sacré marcheur !

Rychenbach

Les chutes de Rychenbach

J’ai également parcouru tous ces chemins. Marcheuse entraînée, j’ai quand même mis plus longtemps.

Meiringen et Reuti

Vue plongeante sur Meiringen

Ce livre d’impressions mérite d’être lu comme un guide de la Suisse ou comme complément à un guide. C’est une mine de renseignements intéressants et didactiques, faciles à mémoriser tant ils sont passionnants.

Je vous raconterai bientôt ce qui se passe dans le second tome de ces aventures pédestres.

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