Un cri étranglé -  Anne Perry

Grands Détectives – Collection 10/18 – paru le 4 avril 2002 – 488 pages

Format Kindle – 12 mai 2011 – 10 Euros 99

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Je me suis régalée à la lecture de ce livre. Il est vrai que j’aime les écrits d’Anne Perry dont je suis une fidèle lectrice.

Il ne se passe pas énormément d’évènements comme dans certains policiers. Les crimes ne se commettent pas en cascade et l’hémoglobine ne coule pas à flots. Au contraire, le roman donne lieu à  une longue suite de recherches, d’introspection et de spéculations dont on ne se lasse pas. Une étude  psychologique pour arriver à l’explication du crime.

Ici, il s’agit de viols.

 On retrouve deux hommes, l’un mort et l’autre inconscient,  dans un quartier mal famé du Londres des années 1860. C’est un quartier pauvre et crasseux. La présence de ces deux hommes de l’aristocratie pose problème. Dans un premier temps l’infirmière – Hester Latterly – va soigner le survivant grièvement blessé et atteint d’aphasie. Dans un second temps le détective privé Monk va chercher les indices et les explications.

Et  Anne Perry de nous donner maints détails du Londres de l’époque victorienne, des débuts de l’ère industrielle, de la mentalité des aristocrates: « les épouses qu’ils se choisissent, cela relève des mondanités. Ils peuvent afficher leurs armoiries dans les dîners et danser entre pairs. Il leur faut une femme sage et convenable. »

Pour le sexe ils fréquentent les bas quartiers de la ville.

Cette autopsie des âmes et des faits est palpitante. Il ne se passe rien, mais le rien est haletant. Mystère et prodige d’un excellent livre.

Ici, il s’agit de viols : celui de femmes et de toutes jeunes filles qui se vendent pour pouvoir manger ou faire manger leur famille.

Quel est le lien entre le jeune blessé, le mort et ces femmes violées ? Y en a-t-il un ?

Cette énigme policière offre à l’auteur une très belle tribune pour plaider la cause des femmes. De celles qui sont victimes de la pauvreté comme de celles qui sont victimes de leur classe sociale et des préjugés y afférents.

oui ! ce livre m’a plu à bien des égards et je vous en recommande vivement la lecture. Au plaisir.

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