L’appel de la forêt de Jack London – 1903 -

Ebooks libres et gratuits – version e-pub – 262 pages

 

Je n’ai plus 8 ans, ni 10 ni 15. Je suis une adulte plus toute jeune. Mais en relisant l’Appel de la forêt je me suis délectée, j’ai adoré et j’ai retrouvé mes 8 ans.

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Le héros de ce livre qui est du « nature writing » avant la lettre et bien avant la mode, c’est le chien Buck. Au début du récit, Buck est un beau chien bourgeois qui habite « le domaine du juge Miller », son maître. Le jeune chien âgé de 4 ans est le « monarque absolu » des lieux. Fils du « gigantesque terre-neuve Elno » et de Sheps la « fine chienne colley de pure race écossaise ». Buck est à la fois beau et intelligent.

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Seulement nous sommes fin 1897 et la fièvre de l’or a saisi une partie du monde. Bien des hommes – et même des femmes – sont attirés par ce mirage et tout le monde tente de rejoindre le Klondike et le Yukon. Pour circuler dans le Grand Nord, tout le monde sait qu’il faut s’équiper lourdement et charger des traîneaux qui seront tirés par des chiens solides et courageux.

S’établit alors une sorte de marché noir des chiens issu du vol organisé de tous les animaux possibles. Et Buck est volé, vendu, kidnappé et envoyé loin de sa Californie ensoleillée natale.
Le lecteur va suivre les aventures de Buck et surtout son évolution rapide et formidable vers la sauvagerie car « Buck semblait créé pour jouer un rôle dans les solitudes glacées de l’Alaska ». Ce chien magnifique va faire l’expérience de la cruauté des hommes, de leur bêtise et de leur légèreté si dangereuse dans ces régions. Mais aussi, il va apprendre le travail en équipe, il va apprendre à conquérir le pouvoir et la première place en tant que chien de traîneau, il va aussi rencontrer l’amitié de certains hommes ou animaux.

Et insidieusement il va perdre ce qui avait fait de lui un chien domestique à la fréquentation agréable et oublier ce qu’il fut au début de sa vie. Peu à peu au contact de ces hommes rudes, de ce climat difficile et de cette grandiose nature, il va acquérir une nouvelle personnalité, celle d’un chien-loup puissant et sauvage, attiré par la solitude des grandes forêts dans lesquelles il aime à se perdre. Car il ne faut jamais oublier la place que tient la nature dans les livres de London. Et certaines descriptions sont véritablement magnifiques et prenantes. La nature est reine, bêtes et hommes en sont les obligés.

Et le jour où son meilleur ami John Thornton, son « amour » peut-on même dire, meurt dans des circonstances dramatiques, alors le destin de Buck est scellé et l’appel de la forêt est plus fort que tout, cet appel « éveillant en lui une foule de désirs indéfinissables et d’étranges sensations. »

Ce qui m’a paru très intéressant dans ce roman c’est, tout d’abord les changements fréquents de temps, entre présent, imparfait et passé simple. Jamais de futur. Cela donne au récit dynamique et vivacité.

Autre point important de ce livre c’est l’intelligence que Jack London attribue à Buck. C’est une intelligence tout humaine faite de finesse, d’analyse et d’anticipation. Nous sommes à la frontière de l’anthropomorphisme, ce dont l’écrivain se défendra, expliquant qu’il avait observé ces qualités chez son chien.

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