HANNAH de Paul-Loup Sulitzer
1985
le livre de poche n°LP10 – 635 pages

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Qui se souvient encore de Paul-Loup Sulitzer ?

Il fut un temps où Paul-Loup Sulitzer était un phénomène de l’édition. Dans les années 80, il a créé un genre nouveau qui a enchanté quelques millions de lecteurs – dont je fus. Il a inventé le western/thriller financier dont les titres les plus connus sont Money, Cash et Le Roi Vert. Ces livres ont été traduits en 40 langues.  Environ 60 millions de ces romans furent vendus.

Si critiquable que soit « le système Sulitzer » – un groupe de documentalistes et un « nègre » nommé  Loup Durand, aujourd’hui décédé – il n’en reste pas moins un formidable « metteur en livre ». Je trouve dommage que l’on jette aux orties un écrivain qui a fait rêver, qui a su entraîner le lecteur dans des aventures dignes de celles d’Indiana Jones.

Or, voici qu’une nouvelle – une énième devrais-je dire – biographie d’Helena Rubinstein vient de paraître. Celle de Michèle Fitoussi. Et… du fond de ma mémoire est remontée l’histoire d’ »Hannah ».

Hannah n’est pas véritablement, totalement, une biographie d’Helena Rubinstein. C’est un roman alerte et passionnant qui raconte l’histoire d’une petite juive polonaise qui va partir à la conquête du monde avec ses crèmes, ses produits cosmétiques et ses techniques de ventes toutes nouvelles au début du 20ème siècle. Elle va créer le concept d’esthéticienne, de salon de beauté. Elle suscitera chez les femmes le besoin de se soigner la peau. Elle crée un besoin. Cette partie-là est l’histoire d’ Helena Rubinstein.

A côté de tous les ingrédients habituels qui sont la base d’un bon roman populaire savoir,  la pauvreté, la fidélité à un amour, l’amitié, le malheur et son contraire la chance… à côté, donc, de tout cela il y a une démonstration magistrale – comme toujours chez Sulitzer – des mécanismes d’enrichissement. Qu’importe que le lecteur soit capable ou non de démonter ces mécanismes. Il y croit. N’est-ce pas cela la magie de l’écriture ?

Je n’éprouve donc pas de honte à vous dire que – trente ans plus tard – j’ai retrouvé le plaisir de lire ce genre de roman qui vous emporte dans un tourbillon d’aventures souvent rocambolesques. Ce  roman  prend racine dans une réalité, ce qui  le rend vraisemblable en lui donnant des accents de vérité. Tous les ingrédients sont présents pour faire un roman qui plaît. Il suffit de jouer le jeu et de se laisser porter.

Je vais prochainement lire la biographie d’Helena Rubinstein écrite par Michèle Fitoussi et je pourrai ainsi comparer et chercher ce qui, dans Hannah, était authentique. Cela peut être amusant et intéressant. Je vous raconterai, c’est promis.

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