A la Fondation Beyeler de Bâle :WIEN 1900
(Vienne 1900 : Klimt, Schiele et leur temps)

du 26 Septembre 2010 au 16 Janvier 2011

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On pourrait également intituler cette exposition : le Sécessionnisme viennois dont Klimt et Schiele en sont de célèbres représentants.
Gustav Klimt (1862-1918) est un peintre symboliste autrichien, fils d’un orfèvre ciseleur.

Il a déjà acquis reconnaissance et honneurs lorsqu’en 1892 il commence à prendre ses distances avec conceptions artistiques conservatrices et académiques nourries d’historisme de la « Maison des Arts » de Vienne.

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Et en 1897, avec 19 autres artistes, Gustav Klimt crée la « Sécession », mouvement d’ « Union des Artistes Figuratifs ». Ce groupe perdurera jusqu’en 1939 et Klimt en sera le premier président. Le journal « Ver Sacrum » (Printemps Sacré) émanation du groupe servira à faire connaître les artistes grâce à des reproductions de tableaux et un édifice réalisé par l’architecte Josef Maria Olbrich abritera leurs œuvres.

La Sécession fait pendant à l’ « Art Nouveau » français, au « Jugendstil » allemand et au « Liberty » anglais.

En 1902, l’exposition dite de « Sécession » offre un exemple intéressant de collaboration entre les différents arts.

En 1905, suite à des divergences, Klimt quitte la « Sécession » et forme en 1908 un nouveau groupe qui exposera ses œuvres au Kunstschau, un pavillon temporaire.

La Sécession, mouvement qui s’inspire du symbolisme se caractérise donc par l’absence de tableaux historiques, par des formes organiques et des représentations végétales, par des compositions florales stylisées nombreuses chez Klimt et enfin une abondance de courbes (les courbes harmonieuses des femmes de Klimt).

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La danseuse, 1916-1918

Les artistes liés à ce mouvement ont eu également l’audace de représenter – dans l’Autriche conservatrice de François-Joseph – les frôlements, les enlacements, les baisers et les rêves érotiques (une salle est consacrée à l’érotisme).

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Le baiser, 1907-1908

L’exposition présente 200 toiles, aquarelles et dessins. En outre des meubles, des textiles, de l’argenterie et de la verrerie sont exposés dans une vaste salle particulière.

L’autre grand artiste  est Egon Schiele (1890-1918)

En 1907, alors âgé de 17 ans, il encontre Gustav Klimt âgé, quant à lui, de 45 ans. Il s’agit là d’une rencontre déterminante pour le jeune Schiele car il a trouvé un ami et son maître spirituel. Egon Schiele fera également partie du mouvement sécessionniste.

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Häuser und bunte Wäsche, 1914

En 1909, il présente ses œuvres au Kunstschau – Exposition Internationale des Beaux-Arts de Vienne. Il ne laisse personne indifférent. Tantôt admiré, tantôt vivement critiqué, il est même vilipendé. Néanmoins, son succès est fort grand.
Egon Schiele de caractère relativement pessimiste se rapproche de l’expressionnisme allemand tant le trait est ferme, énergique et sans concession. Ses nus prennent des positions complexes, parfois tordues ; ces corps peints sans aménité m’ont fait penser à Lucian Freud avec son réalisme cruel.

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Weiblisches Liebespaar, 1915

Quant aux autoportraits, Schiele en a peint une centaine. L’artiste, rompant avec les conventions exprime sans fard ses sentiments, il ne tente à aucun moment de s’embellir – bien au contraire. Les visages sont présentés sur fond blanc, ce qui en accentue encore l’expression tourmentée et farouche. Le spectateur est fasciné.

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Selbstbildnis mit gesenkem Kopf, 1912

Gustav Klimt, qui avait renoué avec la Sécession, devait organiser et présider la 49ème exposition du groupe. Malheureusement, il décède le 6 février 1918 et c’est Egon Schiele, non moins célèbre que son mentor qui prend la manifestation en charge.

Cette exposition consacre une fois encore le talent de Schiele. Il vend une grande partie des toiles exposées et obtient de nombreuses commandes qu’il ne pourra pas honorer car il meurt le 31 octobre 1918 de la grippe espagnole.
Les deux grands artistes amis se rejoignent.

Ce serait mésestimer cette exposition que de la réduire à ces deux grands peintres. Il y a des belles œuvres de Oskar Kokoschka, de Richard Gerstl (que j’ai très moyennement apprécié) et d’Arnold Schönberg, le compositeur.

Dans le long couloir n’oubliez pas de regarder les photographies de différents artistes de cette période. Ma préférée est la photo de la belle Alma Mahler.

Cette exposition est foisonnante. D’un éclectisme et d’une richesse à faire tourner la tête.

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Prochaine grande exposition chez Beyeler : SEGANTINI
Du 16 janvier 2011 au 25 avril 2011. A ne pas manquer !!!

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