Au Kunsthaus de Zürich

PICASSO (1881-1973)
Du 15 Octobre 2010 au 30 Janvier 2011

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Tout a été dit et écrit.
Donc, je n’ai pas la prétention d’apporter une pierre supplémentaire à cet édifice national qui se nomme Pablo Picasso.

Mon but est de vous inviter à aller voir cette exposition. Les inconditionnels seront enchantés et les sceptiques continueront à se poser de judicieuses questions sans réponses.

Depuis longtemps le galeriste Daniel-Henry Kahnweiler (1884-1979) et Picasso travaillent ensemble quand, vers 1932, Kahnweiler décide de faire une première grande rétrospective des œuvres de son poulain. Elle aura lieu à Zürich et Pablo Picasso choisira lui-même les œuvres destinées à l’accrochage. Le choix de 225 de ses toiles se révèlera très  éclectique.

En cette année 2010, différentes œuvres présentées en 1932 ont été pistées et dénichées ;60 d’entre  elles, prêtées pour l’occasion,  ont permis de reconstituer en partie l’exposition de 1932. Une manière de célébrer dignement le centenaire du Kunsthaus.

N’ayant pas la science infuse, je vous retranscris certaines notes que j’ai prises lors de la visite guidée, organisée pour les membres de l’Alliance Française de Zürich. Monsieur Alain Navarra de Borga, historien d’art et conférencier nous a proposé une approche intéressante et moins conventionnelle des œuvres présentées. Il les a surtout replacées dans leur contexte historique et  sociopolitique.

En son temps, donc, Pablo Picasso a choisi quelques toiles de sa première période – la période des influences ? – dans laquelle on retrouve l’art de Toulouse-Lautrec : couleurs vives, primaires et empâtements dans le tableau « Gustave Coquiot » (1901). Toujours dans cette période, l’influence de Cézanne se fait également sentir, lui qui disait que tout est cônes, carrés et rectangles ainsi en est-il dans « Les toits de Barcelone » (1902-1903).

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La période bleue (seconde période) dont les teintes monochromes traduisent la mélancolie et un certain pessimisme, est représentée, quant à elle, par « les misérables » (1904) qui annoncent le cubisme dans la mesure où la valeur tonale est indépendante de la forme ; il y a par cette technique la création d’un nouvel espace qui n’est pas sans rappeler l’espace créé par Vélasquez dans le tableau des Ménines.

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La jeune femme en chemise (1905) appartient également à cette période mélancolique.

La troisième période, dite période rose, est un moment de bonheur dans la vie de Picasso. 1905-1906 est la découverte de la plénitude du corps de la femme et des formes pleines et douces des « adolescents » (1906).

La période 1912-1914 voit apparaître le cubisme synthétique ou hermétique. Le terme « cubiste » fut d’abord un sobriquet né d’un propos que Matisse aurait tenu au Salon d’Automne de 1908. Ce mot resta mais se révéla plus tard inexact, car bientôt les cubistes adoptèrent une conception de la peinture dispensant complètement de rendre les volumes.

D’après Kahnweiler, les cubistes voulaient rendre « l’essence non l’apparence des objets ».
D’après Rosenberg, les sens ne nous offrent qu’un « mensonge » et les cubistes ont voulu « donner à leurs formes les dimensions de l’Idée et non celles de la vue ».

A titre d’illustration, j’ai choisi de vous montrer « le guéridon », une toile de 1913-1914.

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Et aussi « l’étudiant à la pipe » collage de 1914. On pense alors à Juan Gris et Braque, les amis de longue date.

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Après la Première Guerre mondiale, le cubisme pur est terminé et à partir de 1923, Pablo Picasso s’accorde toute liberté et laisse aller son inspiration.

Voici deux tableaux de la période d’après guerre : « Arlequin musicien » (1924)

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et la nature morte : « Pichet et coupe de fruits » (1931).

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J’ai voulu vous montrer les tableaux que j’avais aimés et compris. Il y en a bien d’autres. Mon choix et mes goûts n’étant pas forcément les vôtres, je vous invite donc à allez voir cette exposition… si cela vous est possible.

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