Au Kunstmuseum de Berne
Albert ANKER « Schöne Welt »

Du 7 mai au 5 Septembre 2010

 

Encore une belle exposition à ne pas manquer.

Touchante, charmante, émouvante, intéressante, tels sont les épithètes qui me viennent à l’esprit pour qualifier cette rétrospective.

Le nombre des tableaux exposés est surprenant. Une belle moisson, une véritable foison pour commémorer le centenaire de la mort d’Albert Anker (1831-1910).
« Albert Anker compte avec Arnold Böklin (1827-1901), Franck Buchser (1828-1890) et Ferdinand Hodler (1853-1918) parmi les peintres suisses les plus importants du XIXème siècle. »
Mais, « sa renommée continue de se limiter principalement à la Suisse alémanique, alors qu’elle était internationale à son époque ». (Thérèse Bhattacharya-Settler, Commissaire d’exposition)

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Nous étions deux amies le jour de cette visite et ce qui nous a toutes deux étonnées c’est le nombre très important de visiteurs dont beaucoup étaient âgés. Ravis, ils se remémoraient avec attendrissement et bonheur le passé, leur passé ou celui de leurs parents. Ils étaient presque comme des gamins se poussant du coude et disant « te souviens-tu ? ».

Les salles présentaient chacune un thème : il y a une salle ornée d’un grand nombre de portraits de fillettes et de jeunes filles ravissantes telles «  la jeune fille se coiffant » (1887) ou celui de la « jeune fille à la miche de pain », toile peinte la même année.

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Charmantes sont également « Le Petit Chaperon rouge » (1883) et « La fillette mangeant sa soupe » (1898). Je pourrais vous en énumérer des dizaines d’autres, mais le mieux est d’aller vous-même les admirer.

Il y a une salle consacrée aux enfants : « L’ingénieur » (1885) où l’on voit les enfants attentifs au travail du géomètre ;

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les écoliers et leur école sont également un  bien beau sujet d’études et on les observe, par exemple,  groupés autour de leur institutrice dans « L’école en promenade » (1872) ; chemin faisant, ils bavardent gaiement.

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Ailleurs se trouvent les portraits d’anciens : splendide observation de ce  grand père avec son petit enfant sur les genoux  intitulée « La sieste » (1879)

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et que dire du « Secrétaire de commune » datant de 1875 ou du « Vieux lecteur » (1878) ? Eh bien, je vais vous le dire : ils expriment tous, dans leur grand âge, le côté positif de leur vie. Ce sont de beaux vieillards qui semblent en paix. Rien de pessimiste, au contraire : la plénitude et la sérénité.

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Une lumière jamais agressive arrive souvent par des fenêtres placées dans les angles. Cette clarté diffuse fait penser aux tableaux de l’Ecole hollandaise. Les couleurs sont elles-mêmes très douces,  souvent claires et joyeuses

A chaque oeuvre,  soyez attentifs aux détails si scrupuleusement traités. Toutes ces touches nous révèlent la vie telle qu’elle fut il y a cent – cent cinquante ans.

La vie paysanne est, quant à elle,  magnifiée et ne laisse pas apparaître les difficultés quotidiennement rencontrées.

Nombre de ces œuvres furent exposées en 2004 par la Fondation Gianadda.

J’ai aimé les tableaux présentés, j’ai apprécié le public et ses  réactions attendries et discrètes.
J’ai savouré l’atmosphère chaleureuse et positive qui se dégage de cette exposition.
Enfin, j’ai été passionnée par le témoignage et les renseignements sur une Suisse que je ne pouvais connaître et qui m’a rappelé ma lecture enfantine de Heidi.

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