Les mouches d’automne d’Irène Némirovsky

(1931)

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Bibliothèque Electronique du Québec
Collection « Classiques du XXème siècle »

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Editions Grasset – collection « Cahier rouge » – 7 euros

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Beaucoup de lecteurs connaissent Irène Némirovsky au travers de la « Suite française » qu’elle était en train de rédiger lorsque la police allemande est venue l’arrêter pour la déporter à Auschwitz où elle est morte en 1942.

Je vous propose de lire un petit bijou, un chef d’œuvre méconnu écrit en 1931 et qu’elle a intitulé « Les mouches d’automne » car les personnages « allaient, venaient d’un mur à un autre, silencieusement comme les mouches d’automne, quand la chaleur, la lumière et l’été ont passé.»

Le ton est donné. Irène Némirovsky peint le tableau du regret éternel de ceux qui ont tout perdu.« S’il n’y avait pas ces souvenirs au fond du cœur l’existence serait insupportable ». Mais ces souvenirs ne sont-il pas un poison ? Telle est la question.

Au travers, donc, du regard nostalgique de Tatiana Ivanovna, servante de la famille Karine, c’est la vie d’une famille de russes blancs expatriés en France dans les années 1920 qui est décrite.
« Paris était envahie par le premier flot d’émigrés russes, qui tous s’entassaient dans Passy et aux environs de l’Etoile… »

De la lumière à l’ombre, de la splendeur à l’indigence, de la gaîté et de la légèreté au désespoir, tel est la route douloureuse parcourue par ces expatriés : « L’appartement était petit, sombre, étouffant ; il sentait une odeur de poussière, de vieilles étoffes ; les plafonds bas… les murs blanchis à la chaux. »

Le lecteur est précipité dans des flots de regrets et sont eux aussi submergés par la nostalgie insupportable des personnages. Mais que cette nostalgie, que cette amertume  sont donc merveilleusement servies par une langue d’une grande pureté et d’une extrême précision  : « La neige commença à tomber avec force… les sapins chargés de glace craquaient dans le silence avec le sourd gémissement d’un effort humain. » ! 

C’est cela la littérature russe : la confusion des sentiments, leur raz de marée. On retrouve dans cette œuvre aussi bien Tolstoï,  grand peintre de la nostalgie que le journaliste russe Joseph Kessel évoquant les folles nuits dans les restaurants russes de la capitale.

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