L’argent des autres d’Emile Gaboriau – 1874

Tome I : Les hommes de paille
Tome II : La pêche en eau trouble

e-book enregistré sur le site du Projet Gutenberg
existe également en Poche/Masques – 507 pages – 8 euros

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« La lignée féconde des Gogos ne s’éteindra qu’avec l’espèce humaine » (E.Gaboriau)

 Avez-vous jamais entendu parler d’Emile Gaboriau (1832-1873) ? Savez-vous qui est Emile Gaboriau ?

Réponse : il est considéré comme étant le père du  roman policier « à la française » selon Narcejac.

A 24 ans, Emile Gaboriau se lance dans le journalisme tout en étant le secrétaire de Paul Féval, écrivain prolixe de romans de cape et d’épée, de romans fantastiques ou de mœurs. Ainsi, dès le début, est-il à bonne école.

Il va conquérir la célébrité avec des « romans judiciaires » apportant à ses écrits sa connaissance du milieu, lui qui avait été clerc de notaire.

Pour ses caractères il va faire des emprunts à Edgar Poe tandis qu’il s’inspirera d’ Honoré de Balzac pour les moeurs.
C’est un genre qui va lui apporter la fortune.

 « L’argent des autres » n’est pas son œuvre la plus connue. Elle parut un an après sa mort et ne fut que rarement rééditée. Mais, ces temps derniers, elle est d’une surprenante actualité. Ce roman offre, en effet, un parallèle troublant avec l’affaire Madoff car « c’est lui qui, le premier, m’a fait entendre que travailler et économiser est stupide, quand à la Bourse, avec un peu de bonheur, on peut en six mois devenir millionnaire. »

On peut également y voir un parallèle avec l’affaire Kerviel  (Société Générale) quand « l’industrie et la finance offrent un champ si magnifiquement fertile à l’activité des gens d’imagination ».

« L’argent des autres » est un roman d’aventures, d’amour et de mœurs… que je ne vous dévoilerai volontairement pas. C’est aussi, et peut-être avant tout, un roman sur les tentations et les effets pervers de la spéculation financière et de l’argent facile… surtout lorsqu’il s’agit de celui des autres. « Cela vous explique l’impudence et l’impunité de cette quantité de gredins de haut vol que vous voyez se promener le front haut, la poche pleine d’argent d’autrui et la boutonnière chamarrée de décorations. »

 Prenez une famille ordinaire, simple et tranquille du 3ème arrondissement de Paris, faites entrer le démon de l’argent et de la spéculation, ajoutez des jeunes gens amoureux et jetez le tout dans la corbeille de la Bourse. Vous obtiendrez un roman passionnant, cascadant d’aventures en rebondissements.

 L’analyse des situations d’argent et des caractères cupides est sérieusement décapante.
C’est cela un roman d’Emile Gaboriau.

J’ai évidemment adoré et j’adhère au jugement d’André Gide écrivant dans son Journal du 4 mars 1943 que  « son meilleur domaine [est] la recherche policière, où il se montre un extraordinaire pionnier, précurseur de tous les romans détectives ; ceux de Conan Doyle ne sont que piquette auprès des siens. »

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