Maria Chapdelaine (1916)

De Louis Hémon

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Louis Hémon, l’auteur de ce livre, nous raconte la vie au début du 20ème siècle dans les solitudes canadiennes.

Maria Chapdelaine est une toute jeune fille qui vit avec ses parents et ses frères dans la forêt, non loin des chutes de Péribonka,  proches du Lac Saint-Jean.

La famille mène une vie simple faite du pénible labeur de défrichage, déboisement, cueillette  des myrtilles pour les hommes et des travaux ménagers pour les femmes. Chacun assume sa tâche et accepte cette vie sans colère ni amertume. La paix et un bonheur simple règnent malgré les conditions de vie souvent très rudes.

L’hiver est long et froid : « il apportait tout au moins l’intimité de la maison close, et au dehors, avec la monotonie et le silence de la neige amoncelée, la paix, une grande paix ».

Le printemps apporte son lot de pluies,  moustiques, maringouins et mouches noires.

L’été est court et souvent torride. Dès les premiers jours de juillet, les bleuets (les myrtilles) mûrissent ; il faut rester de longues heures courbé pour les cueillir.

Malgré cela personne ne se plaint ; la vie coule paisible.

Jusqu’au jour où Maria rencontre François Paradis, le coureur de bois, amoureux de la liberté. Ils échangent une promesse d’amour et de futur. Mais, l’hiver suivant, François se perd dans la tempête et disparaît. A Maria, « il ne lui restait plus d’amour et on lui défendait le regret » car « Les paysans ne meurent point des chagrins d’amour ».

La jeune fille se voit entourée d’affection et d’amitié. Lorenzo Surprenant lui peint les « lumières de la ville », vante les avantages de l’eau au robinet, des lampes à gaz, du travail dans les bureaux ou dans les manufactures, les trottoirs et les magasins des cités nouvelles.
Il lui offre toutes ces possibilités. Il lui offre ce mirage.

Mais c’est à Eutrope Gagnon que Maria accordera ses faveurs. Non pas par amour, mais par respect pour les siens, respect pour les traditions et au nom du lien puissant qui la retient à la terre du Québec.

« Alors une troisième voix plus grande que les autres s’éleva en silence : la voix du pays de Québec, qui était à moitié un chant de femme et à moitié un sermon de prêtre. »

« Car en vérité tout ce qui fait l’âme de la province tenait dans cette voix : la solennité chère du vieux culte, la douceur et la vieille langue jalousement gardée, la splendeur et la force barbare du pays neuf… »

Maria Chapdelaine est un roman attachant. Roman d’amour mais également témoignage franc et lucide sur la vie des pionniers. Il est vrai que Louis Hémon (1880-1913) sait de quoi il parle. Il a vécu dix huit mois sur les lieux de son roman, dans une famille de bûcherons – chez Samuel Bédard -, partageant leur labeur, observant leurs mœurs et leurs coutumes. La maison Samuel-Bédard a été reconnue monument historique en 1983. Quant au musée Louis Hémon de Péribonka, il reçoit des milliers de visiteurs par an.

Maria Chapdelaine est considéré comme un grand roman canadien… bien qu’écrit par un Français. Considéré comme le premier roman « agriculturiste » du Québec, il a favorisé l’émergence d’un  genre nouveau. Traduit en 20 langues, il a eu 150 éditions différentes et plusieurs films ont imprimé sur la pellicule  l’histoire de Maria Chapdelaine.

Ce roman régionaliste n’est pas sans rappeler les œuvres attachantes de George Sand que sont La Petite Fadette ou François le Champi.

L’écrivain Henry Bordeaux disait, parlant de la manière d’écrire de Louis Hémon : « Elle est directe, sans recherche ni complication, toute pleine de détails de la vie quotidienne ; elle ne hausse pas le ton, elle ne cherche pas les musiques savantes ; et cependant une poésie secrète y sourd, discrète et pure comme une eau de source qui coule sans bruit, sur la mousse.»

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