Hier je me promenais le long du lac de Zug par ce bel après-midi ensoleillé. Près du petit pont, là où l’eau est limpide et le lac sans profondeur, j’ai assisté à un étonnant spectacle.

Madame Grèbe huppé et madame Foulque macroule avaient construit des nids mitoyens. Monsieur Grèbe assistait madame tandis que l’inconstant monsieur Foulque avait déjà disparu en abandonnant sa dulcinée.

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Or voici que madame Grèbe, considérant le nid de sa voisine, se dit qu’il n’était nul besoin d’aller chercher des brindilles au loin et jeta son dévolu sur celles de sa voisine. A chaque tentative de vol, madame Foulque poussait un petit cri de détresse ou de colère – nul ne comprend le langage des oiseaux. Madame Grèbe reposait alors l’objet du délit pour retenter sa chance quelques minutes plus tard. La dame est obstinée.

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Furieuse de ne pas avoir mon appareil photo, je me promis de revenir aujourd’hui, ce que je fis en compagnie de mon amie Sylvie.

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Mais, las, dame Foulque chassée par l’obstination arrogante de sa voisine a déserté le nid. La place est vide. Elle est partie reconstruire sa vie dans un endroit plus calme, sans cuistre pour voisine.

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Notre fabuliste préféré saurait en tirer une morale.
Je reprendrais, ne vous en déplaise, celle qu’il nous déjà a enseignée et que la vie ne cesse de nous marteler : la raison du plus fort est toujours la meilleure.

A suivre…
Le temps des oisillons.

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