Le cadavre de Bluegate Fields de Anne Perry – 1999 – Editions poches 10/18
grands détectives – 382 pages

Anne Perry fait partie des célèbres écrivaines de romans policiers de langue anglaise.

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Elle les situe dans la société aristocratique anglaise du 18ème siècle dont elle a étudié en détail les comportements et les usages en cours.

L’intrigue se déroule dans le Londres des années 1875-1880. Un adolescent est retrouvé mort dans les égouts d’un quartier pauvre et mal famé, loin de son domicile.

J’ai éprouvé quelques difficultés à entrer dans le sujet et à m’y intéresser vraiment puis, je ne sais trop par quelle alchimie, l’histoire a pris possession de mon esprit et je n’ai plus eu envie de l’abandonner.

L’inspecteur Pitt, élégant iconoclaste en costume fripé, est un personnage fort sympathique peu enclin à se laisser impressionner. Néanmoins, il se heurte aux barrières érigées par cette société riche et arrogante. Alors, idée à la fois originale, séduisante et amusante, Pitt est soutenu puis relayé par sa femme, aristocrate de naissance, qui a conservé ses entrées malgré son mariage.

Elle est présentée comme ayant dérogé à sa classe sans en éprouver le moindre regret… si ce n’est, parfois, des regrets de robes luxueuses. Coquetterie oblige.

Et s’opère alors comme un transfert des compétences.

Elle fouine, enquête, pose des questions et fait ses propres déductions. Pitt et sa femme forment une belle équipe soudée par des valeurs identiques et des sentiments sincères.

A la marge de cette histoire policière, Anne Perry prend le parti des femmes, évoquant leurs luttes, leur évolution et leurs droits. Elle montre le fossé existant entre les différentes classes sociales, dont même l’inspecteur Pitt fait les frais. Et, enfin, elle nous parle des enfants de l’Angleterre victorienne.
L’imbrication de tous ces éléments fait de ce roman un livre intéressant.

Curieusement, au moment où je lisais ce roman policier, j’ai vu le passionnant et si esthétique film de Robert Altman « Gosford Park » (2001). Aussitôt le rapprochement avec Bluegate Fields s’est fait dans mon esprit. On y retrouve les mêmes critiques d’une société violente et sans pitié sous ses aspects policés.

En exergue, Anne Perry avait écrit : « … tous les hommes ont droit à la dignité ».

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