Salut et Liberté - La nuit des brutes
de Fred Vargas – Collection Librio – 2004 – 2€

Ecrire des nouvelles est un art difficile car cela requiert précision, concision, rapidité et efficacité. Il faut savoir tout dire en peu de pages. Et c’est le cas de Fred Vargas.

En 44 pages, la première histoire nous attendrit tout en nous tenant en haleine.

Quant à la seconde, 20 pages lui suffisent pour nous faire croire que nous lisons un polar de 200 pages.

Mais, c’est dans la seconde nouvelle que j’ai trouvé quelques lignes savoureuses que je vous propose de partager :

Le 24 décembre…

« Forcément les gens s’exaspèrent. La tension de ce long compte à rebours au terme duquel doit jaillir l’insouciance, ça leur met les nerfs en bouillie, aux gens. Depuis cinq semaines, le vieux type à barbe blanche et robe rouge a envahi les murs, jovial et prometteur. Il est increvable ce type. Il a pourtant la tête d’un gars qui a forcé toute sa vie sur le pinard…

« Dès l’apparition du vieux type, la tension monte cran par cran. Le pays tout entier, soumis, se crispe et se prépare à son inévitable joie…

« A Noël, tout le monde s’engueule, la majorité sanglote, une partie divorce, quelques uns se suicident. Et une toute partie, suffisante pour mettre les flics sur les dents, tue. C’est un jour comme les autres, en beaucoup moins bien… ».

Et il y en a encore d’autres, des remarques pleines d’humour et de lucidité sur cette « Nuit des brutes ». A vous de les lire…

Je ne puis rien vous raconter car si je commençais, je dévoilerais forcément trop et gâcherais votre plaisir. Ces deux textes sont trop courts.

Vous l’aurez sans doute remarqué, j’aime les romans policiers de Fred Vargas et ces deux nouvelles ne m’ont pas déçue ; j’ai apprécié l’exercice de style et la maestria.

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