Une promenade de 5km 800

Je déconseille de randonner en solitaire sur l’Ile d’Elbe, sauf à faire des balades sur des chemins évidents, car le balisage est pratiquement inexistant et la carte vendue dans le commerce insuffisante. Les sentiers s’égarent, les randonneurs aussi. C’est la raison pour laquelle nous avons passé la semaine en compagnie de Christine. Cette jeune femme sympathique et diserte nous a guidés et donné l’occasion d’admirer de magnifiques panoramas au détour de sentiers souvent faciles, toujours agréables à parcourir.

Et, comme l’île est une suite ininterrompue de golfes et de petites criques, nous avons commencé notre journée à Scaglieri, dans le Golfe de la Biodala.

Cheminant sur les hauteurs, nous avons traversé des forêts de chênes liège et d’yeuses, autrement nommés chênes faux houx.

Des forêts tantôt pauvres et clairsemées, tantôt composées d’arbustes touffus sont venues remplacer les arbres coupés au long des siècles pour l’exploitation du minerai de fer.

Entre maquis et garrigues,

Nous avons suivi le sentier jusqu’à Cime (230m), puis continué vers la Casa Pucci et sommes redescendus vers Carponi pour enfin nous retrouver à Portoferraio.img0037resize.jpg

Sur le bord des chemins ou dans les clairières poussent d’opulentes touffes de lavande sauvage à larges feuilles, à la couleur intense et au parfum camphré.

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Et dans les sous bois, de riches tapis de cyclamens printaniers apportent une touche de couleur vive et raffinée.

Les demeures de Napoléon

Après un en-cas, nous sommes montés voir la résidence de Napoléon.

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Comme toutes les îles de la méditerranée, Elbe a eu une histoire complexe faite d’invasions de toutes sortes, de conquêtes et de cessions.

Ainsi fut-elle annexée à la France lors de la Paix d’Amiens du 25 mars 1802 et demeura-t-elle française jusqu’en 1815, date à laquelle elle retourna dans le giron du Grand Duché de Toscane. Les habitants ne vécurent pas cette période avec bonheur car ils furent pressurés pour assurer le bien-être de la cour en exil.

Napoléon tenta de relancer l’économie, ouvrit des routes et modifia le droit en vigueur, ce qui apporta, néanmoins une amélioration dans la vie quotidienne des îliens.

Sur l’emplacement de quatre moulins à vent – au lieu dit Bastione dei Mulini – une demeure fut rapidement édifiée pour devenir la résidence d’hiver de l’Empereur déchu.img0046resize.jpg C’est une simple bâtisse ressemblant à une maison campagnarde dont l’intérieur est modestement meublé en style directoire.img0115resize.jpg

Cette maison paraît lasse et les pièces semblent bien vides. On sent que l’argent manque. A moins que ce ne soit la volonté.

Un parc, au milieu duquel trône une statue de la belle Pauline, sœur préférée de Napoléon, agrémente les lieux. De tous côtés la mer est visible et la liberté à la proue d’un bateau de passage.

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A la gare routière de Portoferraio, il faut prendre un bus orange qui conduit en une vingtaine de minutes à la résidence d’été de Napoléon, la villa San Martino obtenue par la transformation d’un corps de ferme. Cette villa se trouve au fond d’une vallée, enchâssée dans la verdure, avec une vue sur la baie lointaine de Portoferraio. L’isolement devait paraître grand pour l’époque et l’ennui devait régner. En fait, Napoléon et sa cour ont rarement séjourné à San Martino, ce qui est compréhensible.

Gravement endommagés par le temps, les lieux sont en travaux. La ville de Pise est la responsable culturelle de ces monuments délabrés. Un investissement de près de 4 millions d’euros est prévu et actuellement la somme de 647.000 euros a été débloquée pour la rénovation de la galerie Demidoff (ci-dessous).

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Un air de tristesse et de nostalgie se dégage de ces deux petits palais. La grandeur n’était plus et l’Histoire a poursuivi sa course implacable.

Christine Laabmayr – Tenerife/Elba Guide
christinetrekking.blogspot.com

remarque : Christine parle allemand et son conjoint parle français. Tous deux sont guides.

A suivre…

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