Le car est parti aux aurores car la route est longue pour atteindre l’île d’Elbe. C’est un car qui, comme tant d’autres, sillonne l’Europe hors saison. Nous ne sommes pas très nombreux et Markus Albisser sera aux petits soins du début jusqu’à la fin de notre séjour.

Depuis la Suisse alémanique, il faut passer le tunnel du Gothard et emprunter l’autoroute qui descend tout le Tessin jusqu’à Chiasso, la frontière italienne.

Le tunnel traversé, l’atmosphère se détend car le soleil est au rendez-vous et annonce le début des vacances.

Les premiers robiniers faux-acacias apparaissent au sud du Tessin. Ce sont de grands arbres sveltes atteignant au moins les 25 mètres de hauteur. Les fleurs papilionacées – en forme de papillons – ont un parfum délicat et raffiné. En descendant l’Italie il y a des forêts entières de ces arbres actuellement fleuris. Ils sont également présents sur l’île.

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Par ailleurs, les bordures de l’autoroute sont colonisées par des milliers de coquelicots qui embellissent des accotements généralement dénués de toute de poésie. Je n’avais jamais autant vu de ces fleurs communes mais ravissantes.

Les sureaux noirs, tout aussi nombreux et opulents sont déjà en fleurs. Leurs ombelles blanches ont fait resurgir le souvenir des fines saveurs d’une tisane miellée. Je me serais presque prise pour Marcel Proust.

Il faut descendre assez bas, passer au large de Carrare et des grandes blessures de la montagne défigurée. Elles se signalent de loin, les célèbres carrières de marbre. D’immenses balafres blafardes rendent le paysage pitoyable. Et le long de l’autoroute s’alignent des milliers de blocs blancs, veinés ou roses. Ce précieux marbre qui fait vivre toute une région.

Il faut encore descendre le long de la Toscane pour atteindre ensuite les côtes étrusques et arriver vers les 17 heures à Piombino (Piombo signifie plomb, en italien), au pays des métaux…

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Là un ferry Moby attend les passagers qui doivent traverser le canal de Piombino pour atteindre Portoferraio – le port du fer – capitale de l’île d’Elbe.

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De la plus haute antiquité jusqu’à 1947, date à laquelle les industries sidérurgiques furent jugées non rentables, Elbe fut un grand centre d’exploitation minière. Ensuite, le tourisme est devenu sa principale source de revenus.

Bien que nous ne soyons qu’au début mai, les passagers – touristes ou non – sont fort nombreux et beaucoup se retrouvent sur les ponts, le nez au vent dans le soleil déclinant. Par beau temps, comme le jour de notre traversée, cette « excursion » d’une heure est enthousiasmante.

Après 12 heures de bus, nous arrivons à bon port :
Marina di Campo, au sud de l’île.
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La première impression sera la bonne : voilà un endroit charmant.

Albisser-Reisen AG – Gewerbestrasse, 4 – 6314 Unterägeri
www.albisser.ch

A suivre …

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