« L’Ecole Bernoise »
Artistes dans le sillage de Ferdinand Hodler

Exposition du 2 Avril 2009 au 28 Juin 2009

Les abords d’un musée, le lieu lui-même ont une importance indéniable et mettent le visiteur en condition.

En arrivant au Neuhaus, nous étions déjà sous le charme de cette ancienne manufacture d’indiennes. C’est grâce au legs de Madame Dora Neuhaus (1889-1975) que le musée fut créé.

Séduits également par le parc et les grands arbres qui ornent l’arrière de cette longue bâtisse patricienne, nous étions prêts à apprécier un moment privilégié.

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L’exposition présente 44 peintures, essentiellement des paysages de l’Oberland Bernois, ainsi qu’une vingtaine de dessins, aquarelles, estampes et affiches, sortis de collections privées.

« L’école bernoise », c’était un groupe d’artistes, membres de la section bernoise de la Société des Peintres, Sculpteurs et Architectes Suisses.

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Cette association, présidée à partir de 1908 par Ferdinand Hodler (1853-1918) allait se faire connaître grâce à son impulsion.

Trois tableaux par mur, une luminosité parfaite, un calme agréable et nous, plongés dans la contemplation de ces paysages, pénétrés par la beauté des formes et des couleurs, par la quiétude des champs fleuris ou enneigés.

C’est toujours cette image charmante d’une Suisse éternelle, initiée par Caspar Wolf et Albrecht von Haller qui tend à perdurer à l’aube du XXème siècle. Les œuvres présentées célèbrent la nature, les paysans, les villageois ; jamais le progrès technique. Et nous, visiteurs nostalgiques, restons émerveillés. Emportés par nos rêves, nous souhaitons que le passé supposé heureux ressurgisse. N’est-ce pas ce que nous sommes, aussi, venus chercher et un instant retrouver ?

Hormis Ferdinand Hodler, Max Buri et Cuno Amiet (1868-1961), certains autres peintres sont moins connus, mais leur valeur n’en est pas moins grande.

Eduard Boss (1873-1958) peint des paysans aussi puissants que les « Dorfpolitiker » (les politiciens de village) de Max Buri (1868-1915).

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Plinio Colombi (1873-1951) peint des paysages enneigés pleins d’un charme tranquille en l’absence des hommes.neuhausbienne0005resize.jpg

Emil Cardinaux (1877-1936) aime les hauts sommets bernois et les représente avec une force qui n’est pas sans rappeler Ferdinand Hodler.

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Ernst Geiger (1876-1965) et Giovanni Giacometti (1868-1933), quant à eux, flirtent avec le divisionnisme.

On dit que la peinture de montagne est un art difficile. Mais, lorsque le talent est là, perceptible, alors on est face à un chef d’œuvre de poésie et de rigueur.

Ainsi donc, la multiplicité des talents et des tendances s’exprime-t-elle dans cette exposition malgré l’ombre tutélaire de Ferdinand Hodler dont la maestria reste vécue comme un modèle.

Conquis,
Nous sommes sortis du musée, souriants et légers.
L’art rend heureux,
Très heureux.

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A suivre …