Oberkirch – Schloss Tannenfels – Büel(587m) – Hüprächtige (678m)- Willistatt – Voglisberg – Station Sempach

13km 700

Imaginez que vous dégustez votre sucrerie, votre douceur préférée. Voilà ma randonnée du jour.

Prenez le train qui va à Sursee (LU) et arrêtez vous à Oberkirch sur les bords du lac de Sempach. Longer la rive serait agréable, mais vous auriez tout au long du trajet le fracas du train et de la route dans vos oreilles. Pour échapper à cela, montez vers les collines en suivant le chemin qui traverse le golf de Sursee et pénétrez dans la petite forêt de l’Ober-ober-Chilerwald. Les jaunes populages des marais illuminent les sous-bois humides. Et les anémones, petites vestales blanches des forêts, se comptent par centaines.

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Vous avez parcouru 2km 600 depuis la gare. Tournez à gauche. Le chemin est étroit ; la forêt clairsemée laisse voir le lac au dessous. Dans 300 mètres vous serez sortis du bois. Un banc et un beau panorama vous attendent.

Sur l’autre rive, Hildisrieden regarde de haut Eich qui se chauffe au soleil. Loin devant, le Rossberg, le Rigi et les Mythen brillent de neige.
En continuant, faites une pause devant le château de Tannenfels.
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Construit au 13ème siècle, détruit pendant la guerre de Sempach (1386-1389) et laissé à l’état de ruine durant plusieurs siècles, il fut reconstruit en 1752 avec des ajouts dont le dernier, un caprice du propriétaire, est la tour qui date de 1912. C’est une demeure privée bien entretenue mais désertée, les volets sont clos. Tout de suite après, c’est Büel (4km 800 et un moyen de transport). Traversez la route au niveau du vieux stöckli puis, reprenant le chemin, continuez à travers prés et bois jusqu’à Hüprächtigen. Restez sur la petite route jusqu’à Lindig et descendez à gauche vers Wilistatt, Voglisberg et la gare de Sempach-Neuenkirch.

Cette balade est un enchantement.sursee0003resize1.jpg
Les cerisiers sont en fleurs,

Le vent blesse les branches de cerisiers

Le vent, errant vers l’inconnu lointain,
Blesse les branches des cerisiers.
Nuages de fleurs.
Sans les fixer au ciel,
Sans les laisser tomber au sol,
Le vent les emmène…
Loin de ce monde fascinant,
Loin de ce monde répugnant,
Fleurs envolées…
Le vent, errant vers l’horizon lointain,
S’empare des fleurs de cerisiers,
Les disperse au loin.
Fleurs tant regrettées,
Que germe en mon cœur
Un nouveau printemps.

D’après Saigyô (1118-1190), moine japonais

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D’autres arbres commencent timidement à fleurir tandis que les cardamines mauve clair forment un merveilleux tapis de sol.

Retour d’un ailleurs lointain, les milans planent et se laissent porter par la tiédeur des ascendances ; les premières hirondelles prennent possession des nids abandonnés la saison dernière et les rougequeues sautillent en balançant leurs rectrices roux orangé. Ce petit monde bavarde avec allégresse, communique et nous abandonne à nos incapacités.

La nature est dans sa plus belle période, celle de la renaissance de tous les possibles, sauf pour l’homo sapiens qui ne sait pas parler aux hirondelles, mésanges et autres pinsons.

Comme nous aimerions être François d’Assise parlant aux oiseaux !

En fait, nous sommes bien seuls.
15 Avril 2009

Cartes : 234T Willisau – 235T Rotkreuz

 

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