L’homme à l’envers – Fred Vargas 1999 – J’ai lu policier – 318 pages

Le fait bien réel est que les hommes ont peur des loups et que les bergers les haïssent pour les dégâts qu’ils causent. Cette haine viscérale est ancestrale et disproportionnée.

Autrefois, dans les campagnes, cette peur du loup dérapait vers le souvenir et l’utilisation, à des fins pas toujours très claires, du mythe du loup-garou.

Le roman de Fred Vargas est l’histoire d’une poursuite romantico-policière sur fond de Mercantour et d’Alpes de Haute-Provence à la poursuite d’un homme à l’envers qui tue bipèdes et quadrupèdes. Mais qu’est-ce qu’un homme à l’envers ?
«C’est le signe du loup-garou. Il n’y en a pas d’autre. Il a les poils dedans parce que c’est un homme à l’envers. La nuit, il s’inverse et sa peau velue apparaît.»

Et ce héros mythique, héros malgré lui, va se trouver face au commissaire Adamsberg, anti-héros rêveur et surdoué qui «ne savait pas ce qu’était que de se contracter, de s’agiter, de se tendre, pas plus d’ailleurs que de se détendre. Sa nonchalance naturelle le maintenait dans un rythme toujours égal, toujours lent, au bord du détachement.»

Le pragmatisme d’Adamsberg a le beau rôle et se joue, bien sûr, des dérives de l’imaginaire.

J’ai aimé ce livre, tout comme j’avais aimé « Pars vite et reviens tard ». J’aime l’heureux équilibre entre la part laissée à une forme d’onirisme et celle, traditionnelle, de l’enquête policière.

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