Une route qui tourne de gauche et de droite, monte, traverse des gorges et arrive face à un mur de montagnes. Terminus. On se trouve quelque part au centre de la Suisse, dans l’Obwald. De petites télécabines fonctionnent en noria du matin au soir.

On les attrape au vol comme les parisiens attrapent leur bus.
En semaine, on a très souvent la chance, de voyager seul jusqu’au sommet. Pas du tout comme les parisiens…

On monte dans le silence, juste le chuintement du câble. On monte, on monte… pour arriver au paradis, ou presque. C’est magnifique, c’est Melchsee-Frutt (1920m).
Voitures interdites : silence, ciel, pépiements d’oiseaux, souffle du vent.

Des chaînes de montagnes entourent un grand berceau orné de trois lacs. Et la beauté partout, été comme hiver.img0004resize.jpgimg0002resize.jpg

La neige tombée en abondance estompe le relief.

Une neige vierge, lisse et parfaite.img0006resize.jpgimg0005resize.jpg
Sur l’un des lacs, des pêcheurs se rêvant sur la banquise se prennent pour les Tchouktches des lieux. Ils ont creusé un trou et pêchent ou plus exactement comptent sur l’inattention ou la fringale des poissons pour se vanter d’une prise.

Un autre lac sert aux fondeurs passionnés et on entend crisser la neige sous leurs spatules.

Il y a des skieurs, des surfeurs, des fondeurs, des marcheurs, des randonneurs en raquettes. La nature nous absorbe tous ; personne ne se gêne ; l’espace permet à chacun de réaliser son rêve du jour.

Tout est organisé pour le bonheur. Et les marcheurs me paraissent les plus gâtés. Un trajet damé de 9 Km permet de parcourir ces grands espaces dans les deux sens.

Et si vous pensez que 9 Km est une courte distance, sachez que marcher dans la neige est fatigant et que vos muscles des jambes vous le confirmeront.

Une chapelle au départ, une chapelle à l’arrivée – de ces petites églises de montagne qui ornent le premier plan des cartes postales – balisent le trajet. Murs blancs et toits enneigés, elles rutilent dans le soleil d’altitude.img0019resize.jpg

Au dessous, cela fait deux mois que nous n’avons pas revu le ciel. Chaque fois que je lève la tête, je pense au titre du livre de Charles-Ferdinand Ramuz : Si le soleil ne revenait pas.img0026resize.jpg

La neige reste longtemps et les prés ne sont en fleur qu’au début juillet. Puis, c’est le miracle de la beauté renouvelée : les marmottes sifflent à perdre haleine, les chamois circulent sur les pentes abruptes et la flore d’altitude arbore des couleurs éclatantes magnifiques.

Ah !!! Si vous pouviez admirer les champs de gentianes au bleu si profond que le regard se noie…

L’été prochain, je redescendrai avec des photos et vous pourrez ainsi comparer et rêver.

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A Suivre …