De Wil à Wildhaus, dans le canton de Saint-Gall, Le Toggenburg est une vallée longue de 60km.

Son histoire est mal connue. On sait que la présence humaine remonte à 40.000 ans, vestiges à l’appui.

Le berceau des chevaliers de Toggenburg est le « Vieux Toggenburg », château fort construit en 1044. Progressivement les comtes étendirent leurs pouvoirs jusqu’à entrer en conflit avec les abbés de Saint-Gall.

En 1226, le comte Diethelm II fit assassiner son frère Friedrich au motif que leur père avait favorisé ce dernier dans son testament en lui attribuant le Vieux Toggenburg et la forteresse de Wil. A la suite de ce meurtre Diethelm II se fixa à Lütisburg puis fit bâtir le « Nouveau Toggenburg », place forte au dessus de Lichtensteig, sur un escarpement.

La dynastie s’est éteinte vers 1436.
Passent les années, passent les siècles.

Du Moyen Age à nos jours, l’élevage et la production laitière ont joué un rôle très important. Le Toggenburg demeure une vallée réputée pour la qualité de ses fromages. J’en ai dégusté un dont la croûte est faite de foin séché ; il a mûri dans les herbes et les fleurs…. un régal authentique. Si cela vous intéresse, je l’ai acheté à la fromagerie Stofel près d’Unterwasser(www.bergmilch.ch).

Au fil du temps, le tourisme est venu apporter une source complémentaire non négligeable aux revenus des produits laitiers.
Et, touristes nous sommes.

Cet hiver est plus rigoureux que les précédents. Nous avons eu vent tempétueux et neige en rafales. Mais lors des accalmies, quel spectacle !

Face à nous, la barre des Churfirsten, aux dents acérées occupe tout le paysage ; on ne voit qu’elle. On a d’yeux que pour elles.img0089resize.jpg
Et lorsque le fade soleil d’hiver éclaire leurs pointes, le Toggenburg se pare d’un précieux collier topaze.

Tandis qu’au soir venu :
« Au sommet de ces monts couronnés de bois sombres,
Le crépuscule encor jette un dernier rayon
Et le char vaporeux de la reine des ombres
Monte, et blanchit déjà les bords de l’horizon.»

(Alphonse de Lamartine)

Derrière nous sur l’adret, le Schafberg (2363m) ou le Säntis (2502m) img0085resize.jpgsemblent nous protéger.

Malgré ces sommets, il y a de la rondeur et de la douceur dans le paysage. Pas de sentiment d’écrasement ni d’oppression. Plutôt une sensation de sécurité et d’espace : à Wildhaus, la vallée est large.
C’est dans ce panorama que nous avons passé la semaine.

« Avant tout, ne perdez pas le plaisir de marcher : chaque jour je marche pour atteindre un état de bien être et me débarrasser de toute maladie ; c’est en marchant que j’ai eu mes pensées les plus fécondes et je ne connais aucune pensée aussi pesante soit-elle que la marche ne puisse chasser… » (S. Kierkegaard)

Des chemins, il y en a des dizaines, praticables même en cette saison. Il est possible de marcher dix kilomètres – et plus – par jour si on le souhaite. Je suis allée de Wildhausimg0129resize.jpg jusqu’au petit lac de Schönenboden qui sert de plage en été. La vue porte jusqu’au Lichtenstein et l’Autriche proches.
Un grand tour m’a menée d’un flanc de la montagne à l’autre.
J’ai aussi longé la Thur, qui coule comme un torrent.

Le sentier de la Thur (Thurweg) est une longue randonnée qui part de Wil pour se terminer à Wildhaus. On peut s’arrêter aussi souvent que souhaité ; chaque village étant desservi par le car postal, aucun problème en cas de fatigue ou de mauvais temps.
Je n’ai pas non plus manqué les chutes d’eau de la Thur : sans chute et sans eau en cette saison ; piège à touristes d’hiver.

Stop !!! J’arrête… sinon vous allez croire que je vends des prospectus publicitaires.
C’était juste pour partager des moments heureux
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Tricotent les heures, filent les jours.
Trop vite.

A Suivre …

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