La boissellerie, mot apparu dans la langue française en 1751, est un artisanat qui consiste à fabriquer des objets en bois .img0033resize.jpg

Le mot tire sa racine du latin buxus qui signifie à la fois
« buis » et tout « objet en buis ».

Une évolution de buxus vers le bas latin a donné naissance au mot « boîte ».

En Suisse on dénombre environ 80 petites et moyennes entreprises de boissellerie.img0122resize.jpg

Le Haut-Toggenburg s’en est fait une spécialité. Il y a, entre autres, un artisan à Stein et un à Ennetbühl, sur la route de la Schwägalp ; c’est la ferme des Stauffacher avec son magasin empli de petites merveilles.img0118resize.jpg

Dans la partie alémanique, la boissellerie destinée à la paysannerie de montagne porte le beau nom de Weissküferei: boissellerie blanche, blanche comme les produits laitiers, blanche comme l’aubier.

Les boisseliers actuels fabriquent encore :
- des cuves
- des barattes
- des planches à fromage
- des seaux
Les fromagers utilisent de moins en moins ces récipients en bois à cause des problèmes d’hygiène.

Pour le grand public et l’hôtellerie traditionnelle, les artisans fabriquent et décorent à la main :
- des seilles
- des seillons
- des guetzets (région de Fribourg) : cuillères en bois pour la soupe ou la crème
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– des moules à beurre, etc…

Différents bois sont travaillés :
- l’épicéa
- le hêtre
- le frêne
- le mélèze
- le saule rouge

On se sert de l’aubier, partie tendre et blanchâtre qui se forme chaque année entre le bois dur de l’arbre et son écorce.
L’aubier est dit bois imparfait ou faux bois. Souple, il se travaille facilement et sert au cerclage des seilles. Il durcit progressivement pour se transformer en vrai bois ou duramen et prend une très belle teinte en vieillissant.
Les douves de sapin ou de mélèze sont utilisées pour fabriquer le fût des seilles.

Il y a 26 ans, environ, j’ai acheté à un vieux montagnard du Buet (près de Chamonix) sa dernière seille ; il en achevait la fabrication. Aujourd’hui, brunie par le temps et la cire, elle est splendide et fait partie de mes vraies richesses.pict2880resize.jpg

Lors de fondues savoyardes, les pommes de terre enveloppées dans une jolie serviette sont présentées dans des seillons.

Il y a quelques temps, j’ai acquis pour une somme dérisoire un merveilleux « seau » (Eimerli) richement décoré dans le style traditionnel. C’était probablement un cadeau d’anniversaire car le prénom de sa destinataire y est gravé. Ce magnifique objet est âgé de 24 ans. Admirative devant le travail de l’artiste, j’entretiens cette œuvre d’art avec amour. pict28772resize.jpgpict28652resize.jpg

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Voir également
Au musée d’Urnäsch : traditions paysannes, boissellerie et coiffes
(10 Octobre 2011) – sommaire des expositions.

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