Le village d’Unterwasser se trouve dans le Toggenburg, au pied de la Lütispitz (1987m), de l’Hinterrug (2306m) et de la face Saint-galloise du Säntis (2502m). C’est une petite station de montagne pas très riche, connue surtout comme patrie de Simon Amman, champion du monde de saut à ski.

Madame Hulda Bosshard, jolie vieille dame de 92 ans, est propriétaire de la maison Rotenbrunnen, siège du minuscule « musée de la laiterie ». Montée à l'alpageElle nous accueille chez elle avec grande amabilité. Les objets de la maison-musée lui appartiennent ou appartenaient aux divers membres de sa famille. Tout est authentique et ancien. La famille a tout conservé. C’est une visite dans le passé et la tradition.
Photo : miniature en bois de la montée à l’alpage.


Voici les quelques renseignements que j’ai pu glaner.
Conséquence de la première guerre mondiale, une grave crise économique frappa les paysans suisses de montagne. Les prix du lait, des fromages et du beurre fixés par les pouvoirs publics étaient si bas que les fermiers du Toggenburg eurent l’idée – comme bien d’autres paysans – de créer des fromageries indépendantes, mais personne ne voulut se lancer dans l’aventure.

En 1920-1921 Ulrich Bosshard créa à Unterwasser une laiterie indépendante qui draina la production laitière locale. Le lait transformé était rendu aux paysans sous forme de beurre et fromages. Néanmoins, les prix restaient très bas, encore trop bas.

C’est dans ces conditions qu’une coopérative laitière vit le jour en 1932 avec des contrats renouvelables annuellement. Photo : Fond d’une seille. Décor traditionnel.pict2858resize.jpg

Autre innovation, autre progrès, un téléphérique de transport fut construit en 1934 pour la somme astro-
nomique de Sfr 9.700. En service jusqu’en 1959, il transporta entre la montagne et la vallée une moyenne de 381kg par jour.

En 1953-1954 Hulda se mit à fabriquer dans sa cuisine 5 litres de yoghourt par jour. Quelques années plus tard, la laiterie en produisait quotidiennement jusqu’à 200 litres.

Photo : seille ancienne à eau ou à lait.

seille

Dans les années 60, Robert Eppenberger livra les surplus de petit lait à une fabrique locale de lait en poudre.

Et en 1972, la laiterie reprise par l’un des fils Bosshard traitait entre 2000 et 7000 litres par jour.

Voilà.

A partir de cette date je n’ai plus d’information concernant l’entreprise familiale. Mais quelqu’un eut l’heureuse idée de transformer la maison et la laiterie en un musée dont voici quelques photos. tabouret de traite

Ci-dessus : tabouret de traite, disparu depuis la traite électrique.
Ci-dessous : trois seilles décoratives, sans usage domestique.
En bas : divers moules à beurre toujours utilisés par les fromageries traditionnelles.

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