Regardez bien la photo. img0062resize.jpgVoyez-vous la mer de nuages ? elle s’étend à perte de vue et recouvre une grande partie de la Suisse. Il en est ainsi tous les hivers. Plus ou moins longtemps. C’est là- dessous que nous vivons depuis deux mois. Deux longs mois à inhaler du brouillard, diverses particules ainsi que des gaz d’échappement captifs. Chacun patiente comme il peut, mais travailler et vivre sous une chape couleur plomb est chaque jour plus pénible. D’autant que tout le monde sait qu’au dessus, le soleil brille. Il suffit de prendre un funiculaire, un train, un téléphérique pour retrouver le moral.

Soudain, j’ai décidé que tout pouvait attendre et j’ai pris le bus et le funiculaire. Le temps de faire le tour du lac et de monter; en trois quarts d’heure j’étais au sommet du Zugerberg. Le soleil brillait.img0072resize.jpg

Cette montagne est le centre de remise en forme local. Gratuit et efficace.

Laissons donc aux riches les salles de massages aseptisées. Il leur faut des galets chauds et des huiles magiques. Ils ont besoin d’enveloppements au chocolat ou à l’argile verte.

Au Zugerberg nous, les sans grade, marchons plein ciel, dans la beauté d’un panorama exceptionnel qui ne se laisse pas acheter. Nous nous enveloppons dans la douceur du soleil d’hiver et nous drapons de bien être.

Le sommet du Zugerberg forme un plateau dont on peut faire le tour.

 

Il y a trois grands circuits balisés le sentier des renards, celui des lapins et celui des cerfs. Le cerf peut croiser le renard et couper la route au lapin.

Sans oublier « le chemin des sculptures » d’animaux travaillés dans de puissants troncs d’arbres.

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Aujourd’hui, j’ai marché de-ci de-là et ce bonheur me suffit. C’est une petite randonnée de 10 km. En hiver, les randonnées sont contingentes du froid, des brouillards matinaux, de la nuit qui tombe très tôt. Les trajets en sont raccourcis d’autant.

Comme presque toujours, j’ai commencé par le magnifique chemin de crête qui domine le lac de Zug, avec à droite le Rigi, le Pilatus et de face le Rossberg et le Fronalpstock, toutes montagnes de notre quotidien.

Et j’ai fait le tour en passant dans la forêt et par divers points de vue où des bancs permettent de s’asseoir et de rêver dans le silence et la beauté.

Les sentiers sont tout tracés, limités en nombre, parcourus maintes fois. L’aventure est absente.

Dans cette agréable sécurité on se sent un peu chez soi, sur cette montagne. C’est la grand’ mère qui accueille les enfants pour jouer ; c’est l’amie à qui l’on rend visite les jours de grisaille et de vague à l’âme.

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