Désolants anachronismes :

Lors d’une promenade, sur un chemin de randonnée, j’ai croisé une cavalière équipée de pied en cap, bombe comprise. Rien d’anormal, sauf que ladite cavalière avait son portable à l’oreille et discutait à voix claironnante.

Une autre fois, sur un autre chemin, un cycliste téléphonait à tue-tête, tout en essayant de guider son vélo, sans perdre l’équilibre.

Que faut-il en penser ?

 

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Les mouettes d’automne :

L’automne venu, les mouettes viennent valser en tourbillons blancs au dessus des toits et des champs. Lorsque le vent souffle comme un fou sur le lac et que les vagues écument, elles lancent des raids à l’intérieur des terres dans l’espoir de trouver quelque chose à se mettre dans le bec. Elles recherchent particulièrement les prés brunis par le lisier.

Le reste du temps, alignées au bord du lac, elles criaillent et quémandent du pain. Elles sont d’une folle agressivité et convoitent tout morceau et toute miette. Des bagarres et des poursuites s’ensuivent. Leurs fientes forment des flaques blanc nacré qui viennent ternir la réputation suisse de méticulosité.

 

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Nos amis les chevreuils :

Chaque année le temps de présence des chevreuils dans la petite forêt voisine diminue. Trop de fréquentation du bois, trop de présence humaine à son orée, trop de chiens lâchés. Les animaux sont perturbés et, repoussés par nous, ils cherchent des lieux moins envahis. Cela est affligeant. Je les ai si souvent attendus guettés et admirés. Quel émerveillement que ces chevreuils pour quelqu’un qui a habité la ville une grande partie de sa vie.

Ils annoncent le retour du printemps lorsque grands gourmands, ils viennent manger les jeunes pousses d’herbe et les plants de maïs de monsieur Ülrich.

Au temps des amours, le petit coeur de poils blancs qui orne leur derrière se gonfle en signe de séduction et d’appel à l’union.

En hiver, lorsque la neige recouvre la prairie, ils s’installent en contrebas de la minuscule colline qui les cache du chemin et les rend inaccessibles. Ils forment de petites taches brunes. Une intuition subtile m’annonce leur arrivée. Je me précipite sur les jumelles et m’installe dans un bonheur hors du temps.

Leur disparition sera une grande perte. Mais qui s’en apercevra ?

 

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A suivre …