Deux sitelles cheminant la tête en bas becquètent le tronc d’un vieux noyer et trouvent sans délai leurs friandises.

Une troupe d’oie bernaches du Canada, nouvellement arrivées, fait escale dans un pré ensoleillé au bord de l’eau. Elles se gavent d’herbes juteuses. Certaines repartiront, d’autres prendront leurs quartiers d’hiver sur le lac et partageront la vie des canards, mouettes et cormorans. Elles sont arrivées à bon port, en avance.

Les verdiers aussi sont arrivés en bandes. Petits bandits verts qui se ruent aussitôt sur les samares des érables communs de la cour. En cela ils sont concurrencés par les autres pilleurs de graines que sont les mésanges et les pinsons des arbres. Tout un monde joyeux et bruyant qui nous parle d’optimisme.

Impossible d’oublier les étourneaux sansonnets. Eux aussi arrivent en groupe, mais précédés d’un ou plusieurs éclaireurs qui se campent fièrement à l’extrémité du toit, plein ciel, sans voisinage désagréable. Tels les petits jouets mécaniques de nos grand-mères, ils se mettent à battre des ailes tout en sifflotant, chantant et pivotant. Ils annoncent ainsi leur arrivée et le lieu de séjour idéal pour eux. Leur comportement est amusant et sympathique. Ce qui l’est moins, ce sont les dégâts qu’ils provoquent : les murs restent souvent maculés d’une année sur l’autre. Au signal du chef ils s’envolent et, horde sauvage, vont piller les champs du paysan d’à côté qui doit probablement les maudire. Repus, ils reviennent au nid en toute innocence. Ils ont élu domicile sous les tuiles qui bordent les toits, leurs nids sont ainsi protégés et invisibles. Satisfaits de leur résidence qui est aussi la nôtre, ils sont revenus plusieurs années de suite puis, un jour ce fut fini et on ne les a plus revus. Les murs sont redevenus propres, mais nous avons perdu nos clowns-musiciens.

***

A suivre …